juin 19, 2020

Introduction

Introduction générale 


Ces dernières années, la blockchain connait un essor fulgurant grâce à l’explosion du Bitcoin. Progressivement, elle est présentée comme une solution miracle. En effet, elle offre la possibilité de stocker des transactions de manière protégée, mais également de s’affranchir des intermédiaires. Afin d’introduire correctement le sujet, il est important d’apporter une définition de la blockchain. D’après le site Blockchainfrance.net « La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limitées à un certain nombre d’acteurs. Une blockchain publique peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable ».

Tous les ans, le cabinet d’études Gartner publie une courbe qui présente les technologies qui serait susceptibles de se développer fortement les prochaines années à venir. Elle prend en considération les différents stades de développement et d’utilisation par le public et les industriels. Selon la courbe de 2018, la blockchain fait partie des écosystèmes numériques qui touchent tous les secteurs et qui entraînent également l’apparition de nouveaux usages, de nouveaux modèles économiques et de services associés. Cette technologie permet de développer des services sans intermédiaires mais aussi de garantir une sécurité beaucoup plus élevée qu’auparavant. Selon le cabinet, la blockchain serait généralisée et utilisée par un grand nombre d’acteur d’ici 5 à 10 ans.

 

De nos jours, les industries culturelles traversent une véritable métamorphose avec le développement des technologies numériques. La blockchain est une technologie qui instaure de nombreuses modifications à toutes les échelles et la question d’un nouveau modèle se pose. Un nouveau modèle de quoi ? Blockchain désigne une chaîne de blocs, des contenus numériques sur lesquels sont stockés des informations de toutes natures : contrats, transactions… Cet ensemble de blocs forme une base de données semblables à un grand livre de compte. Ce compte est décentralisé, c’est à dire qu’il n’est pas hébergé par un serveur unique mais par une partie des utilisateurs. Quant aux contenus, ils sont protégés par plusieurs cryptographiques innovants. La première propriété de la blockchain est de produire la confiance nécessaire pour que les utilisateurs puissent échanger sans le contrôle d’un tiers de confiance.

L’une des interrogations les plus importantes dans cette désintermédiation s’articule autour de la diffusion et la consommation. Pour cela, il est important de percevoir tous les changements que va provoquer cette désintermédiation autour de la diffusion et de la consommation de contenu auprès des acteurs et/ou consommateurs, mais aussi de la production collaborative et des enjeux juridiques.

L’accès à la culture, notamment la musique, a radicalement changé par rapport aux premiers temps de l’Internet grand public, notamment avec l’apparition d’un nouveau modèle de consommation digitale en continu : le streaming. La blockchain, va apporter des moyens pour créer des outils capables d’assurer la traçabilité d’une œuvre et de mettre en place des paiements automatisés et désintermédiés, via une crypto-monnaie qui rend possible des échanges directs entre fans et artistes.

Cette désintermédiation connue aussi sous le terme “d’élimination des tiers de confiance” resterait un des points les plus avantageux. Avec la désintermédiation, la notion de confiance entraîne alors un enjeu très important et développe ainsi une nouvelle notion du nom de « trustless » décrivant un système n’ayant pas besoin de confiance entre ses utilisateurs pour fonctionner correctement.
Les technologies de la Blockchain peuvent avoir des incidences sur plusieurs plans au sein des industries culturelles, tels que : 

– La collaboration créative et productive : par exemple lorsqu’une musique est réalisée avec plusieurs personnes, la blockchain permettra de déterminer qui a contribué et à quelle partie de l’œuvre. Elle permettrait d’entrer des informations sur la création d’un morceau mais aussi sur sa production.

– La protection de la propriété intellectuelle : avec la blockchain une œuvre va avoir des identifiants qui lui sont attribués de manière à créer une base de données distribuées, afin de tracer l’exploitation des œuvres.

– La désintermédiation dans la distribution des contenus : l’artiste peut vendre directement sa musique sur une plateforme grâce au smart contrat. Cela permet de gérer les droits des artistes.

– Gestion des droits : une fois qu’une base de données est créée grâce à la blockchain, elle peut ensuite servir à la gestion collective des droits.

– Paiement électronique : le paiement de la musique se fait en crypto-monnaie.

La blockchain est une technologie qui a changé de manière significative, les industries culturelles. Avec sa mise en place, de nombreux enjeux devraient être à l’ordre du jour. L’utilisation d’un tel outil peut considérablement changer les organismes actuels. De nouveaux acteurs et de nouvelles techniques vont être introduites par le biais de cette désintermédiation. Le mode de paiement est un des principaux changements de la mise en place de cette blockchain. En effet, la crypto-monnaie est déjà implantée dans notre société depuis plusieurs années. La plus “reconnue” par le grand public est le bitcoin. Toutefois de nombreuses crypto-monnaies ont vu le jour par le biais de la désintermédiation. 

La blockchain offre la possibilité de transmettre des informations et émettre des transactions de manière encore plus simples et sécurisées qu’auparavant. Il est important de souligner que la peur des échanges non sécurisés a rendu plusieurs métiers perplexes. De ce fait, la blockchain semble répondre à cette contrainte en raison de son aspect sécuritaire. L’utilisation de la blockchain touche les artistes, les producteurs et tous autres acteurs du secteur culturel s’intéressant à celle-ci. Pour eux, la blockchain peut représenter une réelle avancée. Pour la production collaborative et les nouveaux métiers, cette technologie comporte de nombreux bénéfices comme la transparence, l’automatisation, la rémunération ou encore la sécurité. 

D’un point de vue juridique, la protection de la propriété intellectuelle est primordiale, elle est encadrée et régie par plusieurs lois et règles, passant par les droits d’auteur, le copyright, le droit de représentation des œuvres, ainsi que celui de reproduction, la notion de plagiat, etc. Avec cet encadrement juridique, les organismes de gestion de droits ont pu se développer dans un contexte favorable. Dans un marché oligopolistique, peu d’acteurs se partagent la recette des droits relatifs à la propriété intellectuelle et artistique (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM), Société des Acteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), etc.). Néanmoins, avec le développement des nouvelles technologies et d’internet, le réseau des artistes s’est vu grandement évoluer. On constate alors un phénomène de saturation et de limite au modèle classique de la gestion des droits d’auteur, touchant jusqu’aux plus grandes sociétés spécialistes de la question. La blockchain est un outil numérique pouvant être utilisé pour générer de la valeur numérique mais aussi comme preuve de transaction entre particuliers. Il pourrait s’agir d’un outil pratique permettant d’automatiser un certain nombre de tâches et par ailleurs résoudre cette problématique de saturation. 

Pour mener à bien cette analyse, nous avons établi la problématique suivante :

Dans quelles mesures la capacité de désintermédiation des technologies de la blockchain peut-elle apporter de la confiance et produire une nouvelle économie collaborative au sein des industries culturelles ?

Afin de répondre au mieux à cette problématique, nous aborderons dans un premier temps les nouveaux modes de diffusion et de de formes de consommation. Cela passera par une étude du modèle actuel de la diffusion de consommation des industries culturelles, une présentation des avantages, opportunités et limites de la désintermédiation pour ces industries. La seconde partie s’articulera autour de la production collaborative, notamment dans l’industrie musicale, elle présentera également les avantages de la blockchain pour la production culturelle et les nouveaux métiers, la génération de revenus à travers la blockchain et enfin les limites de celle-ci. Enfin, la dernière partie traitera de l’aspect juridique des industries culturelles, d’abord par un état des lieux de l’environnement juridique, avec le droit d’auteur et la propriété intellectuelle et la gestion des droits. Ensuite, en montrant en quoi la blockchain constitue un outil au service de la preuve juridique et donc un atout pour la protection du droit d’auteur, mais aussi les obstacles de son application dans le contexte actuel. 

Pour mener cette analyse nous avons effectué un travail d’enquête. En passant par différents entretiens avec des acteurs directs ou indirects liés à la blockchain. Mais également par des lectures et recherches bibliographiques approfondies. Toute l’équipe de ce projet tient à remercier Matthieu Quiniou, Damien Callerot, Jérôme Pons, et Denis Fevrier pour avoir participé à nos recherches et à l’alimentation de ce rapport. 

L’équipe de recherche est constituée de l’ensemble des élèves du Master 1 Innovations en Communication mention numérique à l’Université́ de Sorbonne – Paris 13, Villetaneuse, promotion 2019/2021. Nous avons rassemblé́ nos informations selon différentes sources :

  • Les entretiens : Pour notre collecte de données qualitatives nous nous sommes entretenus avec les différents professionnels. Tels que : Matthieu Quiniou, Damien Callerot, Jérôme Pons, Denis Fevrier, etc.
  • Les données en ligne : Les informations accessibles en ligne nous ont permis de mieux définir le concept étudié́, puis les informations communiquées.

Ces sources qui ont été traité et analysé nous ont permis de comprendre l’importance d’utiliser la blockchain au sein des industries culturelles et notamment comment celle-ci pourra apporter une certaine confiance à ses utilisateurs et produire une nouvelle économie collaborative.