mars 1, 2020

Création-Production

 

 

 

 

Projet tuteuré: Groupe:
Production collaborative

 

 

Membres du groupe:

Sarra Karma; Ghada Hajri; Lauren Villa; Amyre Ramtani; Kristina Milanovic; Mounir Kellala; Thècle Baki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Table des matières

 

Introduction

1- La production collaborative dans l’industrie musicale

2- Les avantages de la blockchain pour la production culturelle et les nouveaux métiers

  2.1 La confiance

  2.2 La désintermédiation

 

3- La génération de revenus à travers la blockchain

 

4- Les limites de l’utilisation de blockchain dans les industries culturelles

 

Conclusion

 

Sources

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

La transmission d’informations et la possibilité d’émettre des transactions sont devenus encore plus simplifiés et faciles grâce à la création de la blockchain en 2008. Ce phénomène, qui regroupe une chaîne de blocs, en étant très sécurisé, est devenu très prisé dans plusieurs secteurs. Dans notre cas, nous nous intéressons particulièrement au domaine culturel et plus profondément à l’économie collaborative de la production culturelle.

 

La peur des échanges malveillants, non sécurisés, a rendu plusieurs métiers perplexes face aux formes d’échanges et de transactions actuelles. En effet, la blockchain regroupe plusieurs aspects qui attirent de plus en plus d’utilisateurs : la sécurité est au centre de ce qui attire. Par ailleurs, la possibilité d’utiliser la blockchain au quotidien pour des transactions et pour des contrats. En troisième lieu, la crypto monnaie a eu une place très importante au sein de la blockchain.

 

En outre, en parlant d’économie, nous ne pouvons pas ne pas parler de crypto monnaie. De nombreuses crypto-monnaies ont été créées, la plus connue étant le bitcoin.

L’absence d’autorité garante est également un point attrayant : les banques et les marchés financiers tentent de faire face à cet engouement devant la blockchain.

Cette technologie numérique fait donc peur à certains, mais en ravis d’autres. Elle est considérée comme une innovation disruptive qui sera la prochaine à bouleverser plusieurs secteurs. Dans le secteur culturel on y voit une “confiance partagée”, s’approchant “une ère de l’efficacité”. En effet, dans un secteur où la confiance est au coeur des rapports, la blockchain peut apporter des solutions tout en réduisant le nombres d’acteurs intermédiaires nécessaires dans le processus.

La blockchain est au centre de l’innovation en ce moment : nous assistons aux créations de plusieurs startups autour des technologies de la blockchain. Les levées de fonds sont importantes dans ce champ.

 

Cependant, il y a plusieurs limites. Il y a maintenant 12 ans que la blockchain existe. Cette technologie fait beaucoup parler, mais elle demeure peu utilisée par le grand public puisque son intérêt auprès de ce dernier n’est pas encore clair. Elle n’a pas encore atteint sa phase de maturité.

 

Dans ce contexte, nous nous sommes interrogés sur le rôle de la blockchain dans la production culturelle. En effet, cette industrie est importante dans le monde entier. Elle ne cesse d’évoluer et de s’accroître au fil des années. Ainsi, nous posons cette problématique :

 

“ Dans quelle mesure la technologie de la blockchain transforme-t-elle les modes de création et de production dans l’industrie culturelle ?”

 

Pour cela, nous avons procédé à plusieurs recherches dans un premier temps afin d’alimenter nos connaissances sur ce sujet. Suite à cela, nous avons réussi à lister des personnes susceptibles de nous aider dans ce domaine. Après avoir contacté ces spécialistes, nous les avons interviewés.

 

Les hypothèses que nous avons émises :

Hypothèse 1 : La montée d’internet peut réduire la confiance des acteurs culturels (notamment entre l’artiste et le diffuseur). La blockchain pourrait la renforcer puisqu’elle permet de réduire les intermédiaires entre la production et la diffusion.

 

Hypothèse 2 : La blockchain fait évoluer les rôles des acteurs : le consommateur peut, par exemple, faire partie du processus de création culturelle.

 

Hypothèse 3 : Avec la blockchain, le rôle du consommateur est renforcé dans le processus de production culturelle.

 

Hypothèse 4 : La blockchain ne change pas beaucoup le processus de production culturelle car le coeur de l’industrie demeure le même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1- La production collaborative dans l’industrie culturelle

 

Avant de dévoiler le concept de la production collaborative, il est important de définir et de présenter l’économie collaborative qui a pris de l’ampleur ces dernières années et a réussi à transformer, d’après Christensen (2014), plusieurs secteurs d’activités, y compris l’hôtellerie, les transports, l’alimentation, etc. Ce nouveau modèle de fonctionnement a engendré de nouveaux changements du marché et a offert de nouvelles perspectives à de nouveaux acteurs, à travers le recours aux nouvelles technologies de partage de ressources et de compétences, sans intermédiaires. Ce sujet a provoqué plusieurs débats et a divisé les avis des experts en deux parties. D’une part, certains décrivent l’économie collaborative comme un mouvement réformiste et militant, constituant un terreau propice à l’innovation en matière de gouvernance politique et organisationnelle (Bauwens, 2005; Laloux, 2014; Sundararajan, 2016) et à de nouvelles solidarités. Ils y voient une opportunité d’émancipation individuelle et de progrès environnemental face au pouvoir hiérarchique des grandes institutions économiques traditionnelles, telles que la grande entreprise héritée de la seconde révolution industrielle (OuiShare, 2015). D’autre part, certains voient l’économie collaborative comme une économie potentiellement plus respectueuse des ressources, permettant la réduction de l’empreinte écologique de notre consommation (Demailly et Novel, 2014)”. (A.Acquier; V.Carbone; D.Massé, 2016). La novation de ce phénomène laisse une piste ouverte à toutes discussion et interprétation de la part des experts et des utilisateurs de l’économie collaborative.

 

En parallèle, plusieurs recherches ont analysé les différentes facettes de l’économie collaborative et ont présenté quatre courants de pensé qui irriguent ce phénomène:

 

  • L’économie de la fonctionnalité : le principe de ce courant met l’accent sur les bénéfices de l’utilisation d’un bien et ignore le faite de posséder le bien et de passer de l’importance de la propriété à l’importance de l’usage, « une économie de services dans laquelle le bien au sens physique du terme est considéré comme une immobilisation et non plus comme un ‘consommable’ (Lauriol, 2008, p. 33). Ce courant est généralement pensé dans le cadre de la consommation collaborative tel est l’exemple des plateformes collaboratives comme AirBnB, Blablacar, etc.

 

  • L’économie du don : ce courant stimule les liens sociaux entre les membres de la communauté en favorisant les relations à travers le bon des biens sans contrepartie. Cette méthode s’oppose aux réformes d’échange classique d’échange monétaires ou le troc “L’économie du don est mobilisée par les acteurs de l’économie collaborative, notamment à travers la promesse de sens au-delà de l’échange marchand, et d’un lien social renouvelé et renforcé (Belk, 2010)” (Bauwens, 2005; Laloux, 2014; Sundararajan, 2016). L’économie du don favorise alors une convivialité perdue.

 

  • Les communs : ce courant vise une gouvernance décentralisée et partagée pour favoriser la création collective. La gouvernance des communs constitue un cadre de référence important dans le champ de l’économie collaborative, explorant l’émergence des formes de gouvernance plus coopératives et décentralisées”(Bauwens, 2005; Laloux, 2014; Sundararajan, 2016). Ce courant est concrétisé spécialement en informatique via ce que nous appelons le ‘open source’, Linux ou les systèmes d’exploitation en libre accès qui ont passé du mouvement du logiciel libre basé sur une logique hiérarchique et propriétaire, à une logique ouverte, distribué et contributive.

 

  • La contre-culture libertaire : ce courant vise à casser les rentes des grandes institutions et de favoriser les initiatives disruptives comme par exemple le cas d’Uber. “Cette perspective est aussi sous-jacente à des innovations technologiques telles que le blockchain, qui constitue une technologie décentralisée d’enregistrement, de comptabilisation et de maintien de registre de transactions, ouvrant la perspective d’organisations et de transactions régulées sans institution centralisée (Wright et De Filippi, 2015)”. (Bauwens, 2005; Laloux, 2014; Sundararajan, 2016).

Ce courant est apparu dans les années 60 aux états unis dans le cadre du développement des nouvelles technologies du web.

 

Nous avons détaillé ci-dessus, l’économie collaborative ainsi que son rôle dans les nouvelles méthodes de management. Pour ce projet, nous nous intéressons plutôt à la production collaborative, en particulier, dans l’industrie culturelle et comment les nouvelles technologies de l’information, tels que la blockchain, ont contribué au développement de cette notion ?

 

Cette notion n’est pas nouvelle et existe depuis le temps, par exemple, Wikipédia la première source d’informations de tout utilisateur à la quête du savoir. Elle est formée par l’ensemble du savoir de ses utilisateurs, où elle compte aujourd’hui une bibliothèque qui regroupe maintes définitions de plusieurs sujets traités.

 

L’industrie culturelle présente une particularité qui la différencie par rapport aux autres secteurs d’activités. Cette différence s’agit en le cycle de production et de la consommation du produit proposé. “ Selon les travaux de Raymond williams, la production culturelle n’est pas “achevée” au moment de la diffusion d’une chanson, du téléchargement d’une application, de l’achat d’un journal. La consommation n’entraîne pas la disparition du bien culturel mais prolonge son existence” (J.T.Matthews, 2015)[1] Un domaine qui est basé sur le partage et la collaboration entre différents acteurs, par exemple, on ne peut pas parler d’une propriété personnelle d’une pièce de théâtre puisqu’elle exige la participation de plusieurs acteurs pour achever sa réalisation. Acteurs, réalisateur, ingénieurs sons, des cadreurs, des accessoiristes…. et plusieurs autres parties prenantes qui collaborent ensemble pour réaliser un produit artistique.

 

Avec le développement des nouvelles technologies de l’information, il y eu plusieurs modifications au niveau de cette industrie. Des plateformes numériques et des dispositifs digitaux, ont été mis en place afin de faciliter la collaboration et la création artistique pour ce secteur. Aujourd’hui, on en parle de création participative ou bien collaborative en absence d’intermédiaires.

 

Nous allons alors, traiter un exemple de ces plateformes, qui est la blockchain, ce phénomène qui vient bouleverser l’industrie et le mode de management de ses collaborateurs. Pour en savoir davantage, nous allons exposer un exemple de l’industrie musicale où nous avons interrogé des acteurs de ce domaine. Nous avons posé la question de l’importance de cette technologie dans la création artistique à des experts du domaine. Selon Denis Fevrier de Polkatulk, que nous avons pu interviewer, la blockchain offre un moyen beaucoup plus sûr qui permet de stocker et de gérer les données. Ces derniers sont ensuite partagés sur un réseau et chaque membre du réseau en possède une copie identique. Si quelqu’un modifie les données, elles apparaissent dans toutes les copies en quelques minutes, voire quelques secondes. Cette affirmation nous pousse à justifier l’importance et les facteurs de succès de cette technologie qui aide ces créateurs de contenu à multiplier leurs efforts tout en étant sûre de l’efficacité de la blockchain dans la protection des données et la facilité d’accès aux informations partagées. Il a expliqué ensuite le mode de fonctionnement de cette technologie en parlant de la production collaborative qui consiste en partage des données de la part des différents acteurs de la chaîne.

 

Qui dit blockchain, dit production collaborative et sécurité des données, puisqu’il est difficile de modifier ces derniers sans l’autorisation des membres du réseau qui peuvent repérer immédiatement les modifications apportées à une partie de la base de données.

 

Ce type de production permet aussi le contrôle des données sans intermédiaire et sans centralisation d’autorité. Ainsi, la production collaborative apporte une rémunération équitable à tous les membres du réseau, selon Denis Fevrier, les musiciens pourront produire des enregistrements immuables et horodatés de leurs œuvres créatives, ce qui rendra la propriété du contenu publiquement vérifiable et inaltérable. Avec un réseau décentralisé, adressé au contenu et sécurisé par la blockchain, le contenu ne peut être altéré.

 

2- Les avantages de la blockchain pour la production culturelle et les nouveaux métiers

 

L’utilisation de la blockchain touche artistes et producteurs et tout autre acteurs du secteur culturel s’intéressant à la blockchain. Pour eux, la blockchain peut représenter une réelle avancée. Voici quelques points quoi jour un rôle dans le succès de la blockchain dans le domaine culturel.

 

  • La transparence :
    Tout d’abord, la transparence est une valeur importante de la technologie. Elle permet de garder une trace de toute action selon un article rédigé par Denis Février. Dans le cadre de la production culturelle, l’aspect de la transparence a particulièrement son importance. Dans le déroulement des signatures de contrats par exemple, cela permet d’éviter toute mauvaise manipulation.

 

  • L’automatisation :
    L’automatisation a un impact important dans la production culturelle. Ce point permet de supprimer des intermédiaires pour la répartition des droits ou la répartition des revenus de façon automatique. Ainsi les agents culturels n’auront plus à passer par de multiples agents avant de diffuser leur travail.

 

  • La rémunération :
    Selon Jérôme Pons, le fondateur de Musique Won’t stop, le financement des artistes se fait plus simplement grâce à la blockchain. En effet, cela se fait de façon plus équitable, ce qui permet une meilleure rémunération entre chaque artiste, participant au projet et producteur.
    La rémunération se fait via des monnaies spécialement pensées pour cela. En effet, l’Ethereum, par exemple, a un avantage : cette monnaie permet de créer des actions dans la blockchain, qui permet par la suite de payer les artistes. ses action consiste à sécuriser la monnaie, sauvegarder la monnaie dans un bloc dédié qui sera relié à la chaîne déjà existante l’algorithme s’occupera ensuite de distribuer les revenus

 

  • La sécurité :
    La sécurité intervient surtout dans la production et la création de projet lié à la technologie blockchain. La plupart des projets blockchain sont privatisés pour que les projets ne soient pas exploitables librement sur internet. De plus, l’enjeu pour les artistes à travers cette sécurisation des oeuvres est de pouvoir être en mesure de se réapproprier sa musique. Par exemple, l’artiste pourra contrôler son oeuvre comme il le souhaite

 

Actuellement, 80% des processus lié à la production d’un projet musical est géré par les majors. Que ce soit la création de morceaux ou la création d’un album les majors décident de l’identité de la budgétisation ainsi que du format que va prendre le projet. L’idée avec la technologie blockchain c’est que tous ces aspects de production soit de nouveau contrôler par les artistes avec la blockchain un artiste pourrait par exemple décider de ne publier qu’un extrait de son album en attendant que celui-ci soit terminée il pourra également décider du format

 

Cette technologie pourrait mettre fin aux longs mois d’attente avant que les plateformes de streaming ne daignent verser aux artistes les subsides tirés de la diffusion de leurs chansons. Elle permettrait aussi d’améliorer la gestion opaque des droits d’auteur ou de rendre moins bancals les contrats avec les maisons de disques. De quoi offrir la possibilité aux artistes de (re)devenir maîtres de l’exploitation de leur musique. En effet, l’utilisation de la blockchain touche les artistes et les producteurs mais aussi un grand nombre d’acteur de culture.

 

Selon les acteurs interrogés, la blockchain représente une avancée majeure pour plusieurs raisons tels que : transparence, automatisation des procédés, partage de revenu, sécurité et meilleur formulation des attentes.

 

Nous avons pu échanger avec différents acteurs impliqués dans la blockchain, voiçi ce que les entretiens nous raporte

 

  • Damien Callerot, fondateur de SENCO TV, prétend que la technologie de la blockchain est totalement mature, toutefois c’est le marché qui n’est pas prêt à l’accueillir.

 

  • Jérôme Pons, fondateur de Music won’t stop, explique que la technologie est en phase de maturité, il fait allusion au couteau Suisse pour démontrer que la blockchain est en constante évolution. La blockchain, selon lui, sera à maturité lorsque la technologie cessera d’être nommée à chaque utilisation. Il est essentiel qu’elle soit inscrite dans les consciences, comme l’est devenu Internet au fil de son développement.

 

  • Denis Fevrier, fondateur de Polkatulk et Pan Odyssey confié lors de notre entretien concernant l’industrie culturelle est le cinéma
  • Pour l’industrie culturelle, la mise en place d’une protection de droits d’auteur sont à la fois complexes et coûteux. Un film par exemple, est un ensemble de droits et de titres couvrant des scénarios, des œuvres dérivées de livres, de la musique, des marques, des performances d’artistes, de créations techniques et de design, ainsi que des droits de licence sur des personnages de films, des marchandises, etc.
  • La violation des droits d’auteur peut constituer une dépense d’assurance importante pour les studios établis. Mais pour les petits producteurs et distributeurs indépendants, les litiges et les amendes qui en découlent peuvent constituer un obstacle majeur à leur existence.
  • D’autre part, les créateurs de contenu ayant des idées d’histoire originales et de haute qualité ou des films indépendants qui remportent un grand succès au box-office peuvent être exploités par le biais de droits incorrectement cédés ou non reconnus.
  • Polkatulk par exemple, et d’autres blockchain peuvent résoudre ce problème en créant un registre immuable de l’ensemble des transactions, y compris une idée, une histoire, un scénario ou un personnage. Une fois enregistré sur une Blockchain, cet ensemble peut être suivi tout au long de sa vie, même si la propriété a changé, vendue, transférée ou cédée.
  • Par exemple, le créateur d’une idée d’histoire ou d’un scénario peut l’enregistrer sur une Blockchain. Le transfert ultérieur des droits à un studio intéressé par la production ou l’enregistrement d’une chaîne de titres pour les droits de distribution permettra de constituer un historique des transactions sur la Blockchain. Il est également possible de mettre en place des contrats intelligents (smart contracts) qui peuvent définir les règles régissant la cession de ces droits à des versions télévisées et à des compagnies aériennes, à des sorties internationales, à des licences de commercialisation, etc.

 

Tous ces acteurs pensent que la blockchain semble être une technologie d’avenir néanmoins la notion de maturation est davantage abordée et les avis divergent concernant la position de la technologies dans les marchés que ce soit dans celui du cinéma ou de la musique. Une remarque est revenue souvent lors de nos entretiens : les gens éprouvent une certaine peur d’investir dans la technologie car ils ne la comprennent pas entièrement

Cette peur disparaîtra lorsque la technologie deviendra un standard comme l’est devenue internet aujourd’hui. Cela signifie que la technologie blockchain devra être assez mature aux yeux des personnes afin qu’elles puissent y investir du temps et de l’argent

 

La blockchain présente des avantages que l’on peut considérer comme futurs facteurs de succès comme l’automatisation qui est le point central de cette technologie ou encore la désintermédiation qui n’est pas encore complétement présente dans le domaine de la production musicale puisque les contrats classiques sont encore utilisés pour signer avec les artistes. En revanche, les smart contract sont utilisés pour signer des clauses de façon automatique. Les contrats classiques sont privilégiés , car ils représentent une preuve tangible de la signature pour l’artiste.

 

Selon les acteurs interrogés, l’intérêt de la blockchain réside dans la transparence et la sécurité des protocoles. En effet, chaque artiste ayant utilisé la blockchain garde une trace de chacune de ses actions. Chaque acteur peut adapter la technologie de la blockchain à son domaine d’activité.

 

par exemple, Jérôme Pons, travaille en ce moment sur un projet qui permettrait aux artistes de trouver des sponsors pour leur concert. Le projet consiste à passer par un outil blockchain qui permet à l’artiste d’avoir un meilleur revenu qu’avec un procédé classique, c’est le but de l’intervention de la technologie dans les revenus artistiques.

 

En ce qui concerne le domaine artistique, les blockchains privées sont favorisées pour une meilleure conservation des oeuvres.  le milieu artistique privilégiés les  blockchain privée afin d’éviter que  le contenu soit disponible librement sur internet

 

Dans la pratique  la blockchain, apporte à la production culturelle quelques chamboulements par rapport à un procédé classique. Par exemple, dans le cas d’une plateforme de diffusion, l’artiste peut décider de supprimer son oeuvre à tout moment (il exerce ainsi un droit de retrait). La blockchain, ne change aucun cas la production de l’oeuvre,pour ce qui est des interactions physique elle permet en revanche plus de souplesse dans la gestion de projet avec moins d’intervention sur certain aspect. , notamment les modalités du type génération de revenue mais également la modalité de signature de clause.

De manière plus concrète pour qu’un changement significatif ait lieu, il faudra attendre que les marchés soient assez matures. De plus, la connotation permanente à la cryptomonnaie empêché l’évolution de la technologie blockchain. Les non initiés à la technologie pensent que la blockchain est conçue pour un seul usage qui est celui de miner de la monnaie virtuelle. Or, on pourra probablement utiliser la blockchain pour la production événementielle dans le cadre de la recherche de sponsors pour des événements afin de permettre aux artistes de mieux gérer leur promotion.

 

2.1 La confiance

 

La confiance est une composante importante de la la technologie blockchain. En effet, elle permet de meilleurs formalisations des attentes entre les collaborateurs jérôme pons mets en place des atelier afin d’expliquer l’importance de cette notion de confiance, cette dernière n’est pas abordée de façon immédiate.elle est abordée en amont d’un projet basé sur une blockchain privée.ou,public la confiance se traduit par  une introduction d’un nouvelle élément initialement pas attendu, s’introduire dans la chaîne pour participer aux  projets

 

2.2 La désintermédiation

 

Ce phénomène est une des promesses les plus mises en avant de la blockchain : on cherche à limiter les intermédiaires pour augmenter la productivité. Ce concept a pour objectif de fluidifier les opérations et faire face à l’omniprésence des institutions politiques, financières et économiques au sein de la société.
La désintermédiation est importante du point de vue des artistes. Ne pas dépendre des producteurs, des distributeurs et autres acteurs par lesquels l’artiste doit passer, donnerait la liberté à l’artiste et surtout la possibilité de contrôler la diffusion. Selon Damien Callerot, le fondateur de la Scenso TV, “le modèle économique actuel : j’achète une captation vidéo, puis je la diffuse. C’est cette diffusion qui va devenir source de revenus. Sauf qu’avec cette méthode, nous ne sommes pas sûrs d’atteindre une audience assez conséquente pour être rentable. C’est pour cela que j’ai décidé de mettre en place le partage de revenu. Pour que ce modèle existe, il faut faire appel à la blockchain. Celle-ci est pensée pour les avantages qu’elle présente qui sont la transparence, la sécurité sur toute la chaîne de valeur.

Tels sont les avantages d’une telle technologie. L’automatisation des procédés est également importante.”

 

3- La génération des revenus à travers la blockchain

 

Dans l’économie de la création, la blockchain peut redéfinir la manière dont les artistes sont rémunérés sur les plateformes de distribution numériques dédiés à la musique,le cinéma ,le spectacle, l’édition, etc., afin qu’ils reçoivent une rémunération plus équitable pour leur travail. Les artistes se plaignent souvent du fait qu’à mesure que les organisations de droits de diffusion et les nouveaux intermédiaires tels que Spotify et YouTube se mettent de plus en plus entre les artistes et leur public, les artistes reçoivent des réductions de revenus moins importantes et ont moins leur mot à dire sur la manière dont leurs œuvres créatives sont évaluées, partagées ou annoncées. Par exemple, sur Spotify, il faudrait entre 120 et 170 « stream » pour que les détenteurs de droits reçoivent leur premier centime.

 

Face à ce modèle existant l’apparition de la blockchain laisse entrevoir de nouvelles possibilités de développement permettant une meilleure protection et rémunération des artistes et leur offrant une plus grande liberté et indépendance, et cela à travers différents outils et manières:de promouvoir les oeuvres

La blockchain impose un devoir de transparence de par son fonctionnement de ce fait l’artiste pourra de nouveaux  contrôlé par lui même la promotion de ses oeuvres

 

 

 

Smart contracts

 

Les Blockchains peuvent héberger des « smart contracts » pour aider les artistes à gérer les droits numériques et à attribuer des parts de revenus plus équitables aux contributeurs au processus créatif. Ces contrats intelligents peuvent remplacer les contrats conventionnels, qui laissent souvent peu de pouvoir aux artistes pour gérer les contenus qu’ils produisent.

 

Les redevances pourraient être conçues pour être plus inclusives, offrant des conditions plus équitables aux musiciens, aux créateurs de vidéos, aux artistes en général, et tous les acteurs impliqués dans le processus créatif. PeerTracks est un exemple de service permettant aux artistes de demander le paiement immédiat de redevances et la propriété de leur contenu. Le service fonctionne en joignant un contrat intelligent à chaque chanson qu’un artiste télécharge et en divisant les revenus selon les conditions stipulées dans le contrat.

 

Rémunération en cryptomonnaie

 

Les utilisateurs de cette plateforme dépensent et gagnent de l’argent sur BitUSD, un marché de crypto-monnaie lié au dollar américain.

 

Cette blockchain est une bourse décentralisée ; beaucoup de choses y sont échangées. Tout d’abord, il y a les “jetons”, l’unité de la blockchain. Ensuite, il y a les ‘’artistscoins’’, qui sont des actifs émis par l’utilisateur et créés par les artistes pour être vendus (ou donnés) à leurs fans. On parle par exemple du Snoopcoin, Boobacoin etc.

 

Enfin, il y a les BitAssets, comme le BitUSD, qui sont liés au marché par leurs équivalents dans le monde réel et sont garantis par des “jetons”, ce qui signifie que tous les BitAssets sont garantis par des unités de la blockchain

 

 

Établir des transactions transparentes Peer2Peer

 

Toutes les transactions sont effectuées sur la blockchain. Aucun échange centralisé n’est nécessaire et les plateformes ne détiennent pas de fonds. Toutes les transactions sont effectuées en peer 2 peer, sur la blockchain, aucune “confiance” n’est donc requise, d’aprés le fondateur de la blockchain Polkatulk ,D.Fevrier “Cela accroît la sécurité, réduit les coûts, augmente la rapidité et crée la confiance, le tout sans aucun intermédiaire.et biensur celà pousse les artistes à collaborer dans une atmosphère de totale confiance” .

 

Toutes les transactions relatives à une œuvre artistique peuvent être vues et validées, y compris les personnes qui ont accédé à l’œuvre et le montant des revenus que l’œuvre génère à un moment donné. Cela permettra aux parties prenantes d’avoir une meilleure idée de la valeur globale de l’œuvre créative qui est produite, le tout sous la forme d’un grand livre numérique auquel les utilisateurs ont accès.

 

En outre, la blockchain rend transparent l’identité du propriétaire de l’oeuvre artistique. Des services tels qu’Ascribe.io permettent d’attribuer la propriété des œuvres créatives en toute sécurité. Le service fonctionne en fournissant à chaque œuvre créative un identifiant cryptographique unique, vérifié avec la blockchain. Cela signifie que la propriété peut être retracée et que le contenu peut être partagé en toute sécurité.

 

Attribuer des rémunérations,de manière accélérée et évolutive:

 

Les oeuvres que les artistes produisent peuvent être mal évaluées par les plateformes et par le public .En suivant la demande sur les différentes plateformes avec la blockchain, la tarification pourrait être plus évolutive. Les prix des oeuvres artistiques pourraient fluctuer en fonction de l’offre et de la demande. En outre, les artistes pourraient contrôler les tarifications et avoir la possibilité de fixer eux-mêmes les prix sans avoir à passer par un réseau complexe d’intermédiaires,selon Denis Fevrier ,fondateur de Polkatulk “L’adoption de la chaîne de paiement en bloc dans l’industrie culturelle simplifierait la gestion des droits et des redevances avec une version unique de la vérité, indépendamment du territoire et des spécificités de la propriété des droits, ce qui garantirait que chacun reçoive le bon montant dans des délais plus courts

 

Comme la Blockchain fournit des informations sur les personnes ayant obtenu des droits d’accès aux œuvres des artistes, ces informations pourraient ensuite être exploitées pour fixer le prix des œuvres. Les artistes seront plus proche de la gestion de leurs créations qu’auparavant, ils pourront avoir leurs mot à dire dans le système de tarification, et ils pourront donc accorder des réductions sur leurs œuvres à certains moments.

 

Autoriser la « micromonétisation »

 

Les plateformes numériques de musique tels que iTunes permettent aux consommateurs d’acheter des morceaux de musique individuels. En utilisant des chaînes de téléchargement, des extraits d’œuvres créatives peuvent être mis à disposition pour un prix, par exemple quelques secondes d’une chanson pour une bande annonce de film. Ce type de « micrométrie » fonctionne sur la blockchain en enregistrant les composants précis de l’œuvre créative qui ont été utilisés, définissant ainsi la plus petite unité consommable de cette création.

 

On pourrait payer une fraction de bitcoin à chaque fois que l’on écoute une chanson ou que l’on regarde un film afin que la rétribution que l’on paie aux artistes corresponde à la seconde près à notre consommation. La micromonitisation permet ainsi aux utilisateurs de soutenir les artistes de leur choix.

 

La mise en place d’un système de réputation pour faciliter la collaboration et générer plus de revenus

 

La blockchain permet aux producteurs et aux consommateurs de contenu créatif de se vérifier mutuellement, Camille Alloing nous explique dans son ouvrage “(E)réputation : médiation, calcul, émotion” que les systèmes de réputation constituent un point de repère pour toutes les organisations visibles sur le Web et se manifeste sous plusieurs formes : étoiles, avis, likes, notes. Cela pourrait encourager une collaboration plus étroite et un meilleur comportement, en favorisant des conditions de coopération pour les créateurs de contenu et les consommateurs. Les participants qui, à plusieurs reprises, ne respectent pas les termes d’un contrat ou tentent de jouer avec le système verraient leurs actions enregistrées, ce qui aurait un effet dissuasif sur les mauvais comportements.

 

Crowdfunding et Sponsoring:

Des plateformes comme mintMe.com, basées sur la technologie de la blockchain, donnent la possibilité aux personnes qui souhaitent monétiser leurs projets de manière simple et sûre, mais aussi pour celles qui voudraient devenir sponsors et aider les artistes tout en tirant un bénéfice. L’aspect principal du crowdfunding basé sur le donateur est qu’il n’y a pas de récompense pour le don ; il est plutôt basé sur le raisonnement altruiste du donateur.

 

C’est pourquoi le crowdfunding basé sur la récompense a fait son apparition sur plusieurs plateformes de la blockchain, pour offrir aux gens plus de raisons de financer un projet, ces plateformes permettent non seulement d’obtenir une récompense mais aussi d’être en mesure de réaliser les projets d’autres personnes, de faire un don, d’être récompensé et de monétiser son don. Les opérations sont totalement décentralisées et aucune commission n’est touché par les plateformes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4- Les limites de l’utilisation de la blockchain dans l’industrie culturelle

 

Les usages de la  blockchain sont en train de se développer démontrant ainsi son aspect révolutionnaire dans l’industrie culturelle. Face aux phénomènes de désintermédiation des industries culturelles, la blockchain se révèle être une solution alternative idéale. Toutefois l’utilisation de cette nouvelle technologie peut comporter certaines limites.

 

Limites à l’utilisation

 

La rémunération en crypto-monnaie

Depuis l’arrivée de la Blockchain en 2009, progressivement l’industrie musicale semble avoir placé ses espoirs dans cette nouvelle technologie. Toutefois la rémunération en crypto-monnaie questionne et pourrait faire obstacle à l’usage de la Blockchain. En effet, on peut se demander si la rémunération via une monnaie virtuelle conviendra à tous les artistes ? C’est une monnaie que l’on dépense sur internet, or, on peut déjà acheter en ligne en euros, son utilisation est donc plus limitée. Par ailleurs, le fait que cette monnaie soit totalement virtuelle peut aussi inquiéter les artistes. Seraient-ils prêts à laisser leur rémunération dans un porte-monnaie virtuel qui pourrait être amené à disparaître (piratage, bug informatique entraînant la perte des donnés, disparition du support, etc.).

La blockchain le recours au micro-paiement pour les artistes. Par exemple dans le cadre d’une écoute d’une musique, l’artiste percevrait automatiquement une somme d’argent virtuel, mais cette somme serait dérisoire, ce qui est en contradiction avec la volonté des artistes d’être mieux rémunérés.

La confiance et la sécurité

 

De nos jours, les artistes ont aussi du mal à faire confiance malgré la promesse de la sécurité. L’habitude du recours aux intermédiaire est rassurant car ils existent depuis très longtemps.

 

Par ailleurs sur la blockchain de nombreuses données peuvent être enregistrées comme par exemple les transactions ou bien des oeuvres musicales. L’aspect sécuritaire a déjà connu des failles dans la blockchain. Nous pouvons alors nous demander comment seront gérés ces problèmes lorsque les utilisateurs seront plus nombreux. En outre, les monnaie virtuelles sont très souvent utilisés pour des activités illicites. En janvier 2018, la plateforme d’échange japonaise Coincheck s’est vu dérober un peu plus de 500 millions de dollars en cryptodevise NEM.

 

Cette technologie maîtrisée par peu de personnes

 

Le principal défaut de la Blockchain est que peu de personnes sont capables de maîtriser cette technologie de manière professionnelle. De plus, les acteurs des industries culturelles qui ne maîtrisent pas cette nouvelle technologie pourraient commettre de graves erreurs de manipulation. Cette technologie est encore récente il reste beaucoup d’améliorations à apporter pour la rendre plus simple à utiliser.

Limites techniques

Une blockchain ne remplace pas complètement les intermédiaires

 

D’une part, les smarts contracts dépendent des informations inscrite par un utilisateur. De ce fait, la blockcain ne permet pas de vérifier si l’oeuvre enregistrée est réellement l’originale. Seuls des experts peuvent attester de l’authenticité d’une oeuvre.

 

D’autre part, même si la blockchain permet une désintermédiation propre au secteur de la musique concernant les producteurs, les distributeurs, les éditeurs, etc, une désintermédiation absolue semble impossible.

 

Latence de traitement

 

Le temps d’authentification est d’environ 10 minutes pour valider un bloc de transactions. A l’heure actuelle, cette lenteur freine l’adoption de cette nouvelle technologie. En moyenne, la blockchain Bitcoin est capable de traiter entre 3 et 7 transactions par secondes, ce qui est très faible si on compare les 24 000 transactions par secondes du système Visa. Un autre frein à l’utilisation du Bitcoin réside dans le nombre de transactions qui peuvent être validées simultanément dans un même bon, ce nombre est également plafonné.

Ce temps de latence ne sera probablement pas compatible avec une utilisation à grande échelle par l’industrie culturelle.

Limites juridiques

 

Le droit d’auteur

 

Le registre, accessible à tous en lecture, ne serait cependant accessible en écriture qu’à une minorité d’acteurs. Aussi, l’existence du hash cryptographique n’empêchait pas en lui-même la copie des titres.

 

Alors qu’on peut tout dupliquer en deux clics, de nombreuses questions se posent par rapport à l’utilisation de la blockchain dans les industries culturelles. En effet, comment prouver l’antériorité d’un texte, s’assurer qu’une photo émane bien de la personne qui prétend en être l’auteur, ou reproduire facilement un contenu en toute légitimité, en créditant ou payant les auteurs initiaux ? Ces questions restent sans réponses pour l’instant.

 

La responsabilité

 

Sur le plan juridique, il n’existe à ce jour aucune réglementation spécifique à la BC mis à part dans le secteur financier. De nombreuses questions se posent concernant la recherche de responsabilité, de garantie, mais aussi sur le plan probatoire. L’inscription dans la blockchain n’équivaut pas à une signature électronique. L’identité des acteurs peut aussi poser problèmes, comment vérifier quelle est la personne qui a effectué une transaction ?

 

Les limites environnementales

 

La consommation énergétique

 

La consommation énergétique de la blockchain pose un réel problème. Dans un siècle où l’environnement est un sujet au coeur des discussions, cette technologie numérique à utilise une forte consommation énergétique. Selon le magazine numérique Siècle Digital, “à elle seule, la cryptomonnaie Bitcoin consomme l’équivalent de la consommation électrique annuelle en Irlande; l’équivalent de la production électrique de 4 centrales nucléaires; plus d’électricité que 159 pays dans le monde”. Ce fléau ne sera pas accepté par tous, et encore moins avec la montée du nombre d’activistes pour l’écologie.

 

Le système de vérification des transactions du bitcoin qui fonctionne avec la technique “Proof of Work” consomme énormément d’énergie et pourrait avoir un impact également sur l’environnement.

 

 

 

 

 

Conclusion

 

La technologie de la blockchain a chamboulé plusieurs domaines. La culture est un de ces domaines qui a été, est et sera de plus en plus chamboulé. En effet, avec la montée d’internet, l’augmentation du nombre d’acteurs intermédiaires auxquels les acteurs du secteur culturel doivent faire face, des problèmes de confiance et de partage pourraient être rencontrés. En effet, un artiste pourrait ne pas toucher la rémunération qui lui est dû à cause de ce grand nombre d’intermédiaires par exemple.

 

Nous pouvons considérer que malgré les limites, la blockchain pourrait être une solution adaptée à ce secteur. En effet, la blockchain dispose de plusieurs avantages dont l’artiste peut profiter. D’abord, le contrôle sera partagé entre différentes entités, et non pas entre les mains de grandes institutions. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de régulations, bien au contraire. Les régulations sont primordiales pour éviter les usages frauduleux. D’ailleurs ces régulations reposent sur la transparence et la confiance : deux points clés demandés par le secteur culturel et offerts par la technologie de la blockchain. Ensuite, les smart contracts représentent un moyen qui permettrait de ne plus avoir affaire à un tiers, et ainsi d’accroître la confiance, ce qui mènerait à l’augmentation de la productivité,pour finir,la blockchain peut redéfinir la manière dont les artistes sont rémunérés sur les différentes plateformes de distribution numériques, afin qu’ils reçoivent une rémunération plus juste. Enfin, la sécurité permet d’être rassuré au niveau de la création et la distribution de l’oeuvre. Cette technologie pourrait donc permettre aux artistes d’éviter des mois d’attente, de pouvoir gérer la distribution de son oeuvre en lui permettant d’avoir des droits d’auteur et ainsi d’être maître de l’exploitation de l’oeuvre créée.

Au delà d’un secteur en particulier, la blockchain n’est pas simplement un réseau social qui pourrait avoir un grand succès, mais un phénomène qui pourrait bouleverser toute l’économie actuelle. Cependant, l’inconnu rend les investisseurs méfiants. En effet, lors de nos entretiens, plusieurs ont insisté sur la peur d’investir face à une technologie qui n’est pas comprise à 100%.

Pour aller plus loin, les individus ne sont pas à l’aise face à la cryptomonnaie et les smart contracts. Pourtant ces deux points représentent les piliers de la blockchain. La transparence des transactions rend les personnes très perplexes, puisqu’elles sont habituées au système bancaire.

 

Ainsi, le futur pourra rendre les choses plus claires : lorsque la blockchain sera comprise comme Internet de nos jours, cette technologie représentera énormément d’avantages pour plusieurs secteurs. Pour le domaine culturel, le majeur avantage est celui de la conservation des oeuvres mais également la possibilité de retirer lorsque l’artiste le souhaite.

Toutefois, les limites de la Blockchain dans l’industrie musicale ne sont pas à négliger et, si un tel changement du fonctionnement de l’industrie musicale était à prévoir, des solutions doivent être trouvées. D’une part, certains craignent les usages frauduleux et ne croient pas en une sécurité complète de ce type de monnaie. En effet, les individus peuvent présenter une forme de réticence face à un système sans intermédiaires. D’autre part, il reste à savoir comment sera accueillie la Blockchain dans le milieu juridique et notamment par les juges.

Malgré certaines limites, l’avenir de la blockchain au sein des industries culturelles s’annonce très prometteuse car elle pourrait apporter aux artistes des libertés et des rémunération supplémentaire.

Parmi les hypothèses que nous avons émises, nous confirmons celle-ci :

 

La montée d’internet peut réduire la confiance des acteurs culturels (notamment entre l’artiste et le diffuseur). Les artistes rencontrent des obstacles pour la création et la distribution de leur oeuvre (par exemple, cela peut prendre beaucoup trop de temps). La blockchain représente une solution. En effet, elle pourrait renforcer la confiance puisqu’elle permet de réduire les intermédiaires entre la production et la diffusion. Cela est un point extrêmement important puisque l’artiste devient lui même maître de la distribution. Il a même le droit de retirer l’oeuvre s’il le souhaite.

La seconde hypothèse que nous confirmons est “Avec la blockchain, le rôle du consommateur est renforcé dans le processus de production culturelle.”. En effet, puisque la blockchain permet de réduire les intermédiaires, elle permet donc un lien plus direct entre le consommateur et l’artiste.

La dernière hypothèse que nous confirmons est “La blockchain ne change pas beaucoup le processus de production culturelle car le coeur de l’industrie demeure le même.” En effet, ce que la blockchain change réellement dans l’industrie culturelle, c’est la distribution et la gestion. La production culturelle n’est pas vraiment affectée.

 

Nous rejetons cette hypothèse :

“La blockchain fait évoluer les rôles des acteurs : le consommateur peut, par exemple, faire partie du processus de création culturelle.” En effet, le consommateur pourrait émettre des avis sur la production elle-même mais ne participera pas réellement en tant qu’acteur au processus de création culturelle.

 

 

Sources

 

-Interview de Damien Callerot, fondateur de Scenso TV  2 janvier 2020

-Interview de Jérôme Pons, créateur de Music Won’t Stop 17 janvier 2020

-Interview de Denis Fevrier
France stratégie  Les enjeux de la Blockchain, Joëlle Taledano juin 2018 lien: https://www.strategie.gouv.fr/publications/enjeux-blockchains

-Blockchain, la consommation d’énergie est-elle si terrible? , Sébastien Bourguignon, Siècle Digital 2 juin 2018

-aurélien Acquier, David Massé et Valentina Carbone(2016); L’économie collaborative: Fondements théoriques et agenda de recherche,https://univ-angers.placedelaloc.com/sites/default/files/wysiwyg/acquiercarbonemasse_fondementstheoriques_ecocollab.pdf

-(E)réputation : médiation, calcul, émotion, Camille Alloing CNRS édition 6 mai  2016

-Comment les Blockchains peuvent sauver la culture,? Cyril Fievet 16/12  (2017) consulté le 30 avril 2020 lien:https://usbeketrica.com/article/comment-les-blockchain-peuvent-sauver-la-culture

-J.T. Matthews (2015), “Passé, présent et potentiel des plateformes collaboratives Réflexions sur la production culturelle et les dispositifs d’intermédiation numérique” (n° 16/1), pages 57 à 71    https://www.cairn.info/revue-les-enjeux-de-l-information-et-de-la-communication-2015-1-page-57.htm

-Qu’est ce que la blockchain ? https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

-La blockchain moteur de l’économie collaborative https://www.usine-digitale.fr/article/la-blockchain-moteur-de-l-economie-collaborative.N480074

Pourquoi La Blockchain Ne Doit Pas Intéresser Que La Finance ? Denis Février – 3 déc. 2019 consulté le 24 avril 2020

https://panodyssey.com/fr/article/tech/pourquoi-la-blockchain-ne-doit-pas-interesser-que-la-finance-8pt7a5chnwmc

Jacques-André Fines Schlumberger, La Rem, «Quelles synergies entre les blockchain et les industries culturelles ?» , https://la-rem.eu/2019/03/quelles-synergies-entre-les-blockchains-et-les-industries-culturelles/ , publié en 2018, consulté le 15/05/2020.

Jérôme Pons, Ina global, « La blockchain, une révolution pour les industries culturelles ? »,http://www.inaglobal.fr/numerique/article/la-blockchain-une-revolution-pour-les-industries-culturelles-9579 , publié le 13/03/2017, consulté le 20/05/2020.

Quentin Auzanneau, site Medium, «L’industrie musciale, les musiciens et la blockchain», https://medium.com/@d7acbb3r476v/musique-et-blockchain-bf8e81b7c918 , publié le 03/03/2019, consulté le 18/05/2020.

Ambre Deharo, Capital, «Cryptomonnaies : des millions d’euros se volatilisent en une nuit», https://www.capital.fr/entreprises-marches/cryptomonnaies-des-millions-deuros-se-volatilisent-en-une-nuit-1344717 , publié le 13/07/2019, consulté le 13/05/2020.

Claire Fénéron Plisson, Cairn, “La blockchain, un bouleversement économique, juridique voire sociétal, https://www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2017-3-page-20.htm , publié le 02/10/2017, consulté le 10/05/2020.

Laurent Leloup, Blockchain, “La révolution de la confiance”, https://books.google.fr/books?hl=en&lr=&id=Qt8fDgAAQBAJ&oi=fnd&pg=PP1&dq=avantage+blockchain+&ots=JFLvDqbEaC&sig=WMX5nzAFN1FCZBWO_7-q3Qi8tGM&redir_esc=y#v=onepage&q=avantage%20blockchain&f=false, publié 16/02/2017, consulté 02/06/2020.

 

 

 

[1] J.T. Matthews (2015), “Passé, présent et potentiel des plateformes collaboratives Réflexions sur la production culturelle et les dispositifs d’intermédiation numérique(n° 16/1), pages 57 à 71