juin 8, 2020

conclusion

Conclusion générale

Les industries culturelles ont évolué avec le temps : elles ont connu de profondes mutations dans leur structure et leur fonctionnement. La démocratisation du CD ou du DVD par exemple, aujourd’hui remplacés par le streaming, ont renouvelé l’industrie audiovisuelle au fil des années. Les avancées technologiques ont souvent engendré de grandes transformations dans le secteur.

La blockchain est une technologie révolutionnaire par sa structure et ses différents moyens d’utilisations. Actuellement cette technologie devient un véritable business. L’entreprise Contract Chain que nous avons contacté en est la preuve. Son utilisation s’effectue dans tous les secteurs d’activités y compris dans les industries culturelles. La blockchain pourrait engendrer une véritable métamorphose du secteur, et ce dans tous les domaines d’application (musique, cinéma, arts visuels…)
La blockchain se différencie des technologies actuelles sur plusieurs points. Son aspect n’est pas uniquement technique. En effet, elle amène dans son sillage une quantité considérable de facteurs de changement. Selon Jérôme Pons, la mise en place de ces changements pourrait amener la blockchain à devenir un système plus performant.

Pour illustrer ce constat, nous avons analysé la technologie blockchain sous trois prismes distincts : par le biais de la production collaborative, de la diffusion et de la consommation, ainsi que sous un aspect juridique.

Malgré les limites à son application, la blockchain peut être un outil approprié aux industries culturelles. En effet, elle présente plusieurs avantages du point de vue artistes. Avec l’essor d’Internet, des problématiques de confiance et de partage peuvent être rencontrées face à l’augmentation du nombre d’acteurs et d’intermédiaires. Un artiste peut ne pas être rémunéré à hauteur de ce qui lui est dû, à cause d’un trop grand nombre d’intermédiaires par exemple.

Avec la blockchain, le contrôle, jusqu’ici conservé entre les mains de quelques grandes institutions, peut-être partagé entre différentes entités. Néanmoins cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de réglementations. Celles-ci sont essentielles pour éviter une utilisation frauduleuse. De plus ces réglementations sont basées sur la transparence et la confiance : deux points clé requis par le secteur culturel et fournis par la technologie blockchain. Par ailleurs, les smart-contracts représentent un moyen de rendre impossible la négociation avec des tiers, augmentant ainsi la confiance, ce qui peut augmenter la productivité. Pour finir, grâce à la blockchain la rémunération peut être redéfinie dans le but de rétribuer les artistes sur les différentes plateformes de distribution numérique, d’une manière plus importante. La sécurité permet de créer et de diffuser des oeuvres en toute confiance. Du point de vue des artistes, la blockchain peut permettre de réduire le temps d’attente et gérer la distribution des oeuvres en permettant de détenir le droit d’auteur, contrôlant ainsi l’utilisation des oeuvres.

La diffusion et la consommation dans les industries culturelles a également subi de profondes transformations. L’une de ces mutations peut-être constatée au niveau de la solution de paiement. En effet, la crypto-monnaie est inhérente au fonctionnement d’une blockchain. Il s’agit toutefois d’une monnaie complexe, sa particularité réside principalement dans le fait qu’elle désigne l’ensemble des devises virtuelles et non une monnaie unique. En effet, s’il s’agit de la crypto-monnaie la plus populaire, le bitcoin n’est pas la seule devise virtuelle ce qui complexifie davantage le déploiement de la technologie blockchain.

La blockchain propose des solutions très intéressantes. Dans l’écosystème des industries culturelles, son utilité se manifeste principalement pour les sociétés de gestion de droits et les artistes. Cette technologie possède de véritables atouts, principalement concernant la sécurité des données : elle permet de protéger les oeuvres et ainsi d’assurer les artistes. Comme vu précédemment, elle comprend toutefois des avantages et des inconvénients. Si elle possède un potentiel non négligeable, la blockchain peut aussi faillir.

Concernant la diffusion et la consommation, la blockchain est une technologie innovante et intéressante, mais elle ne possède pas aujourd’hui la notoriété suffisante pour révolutionner à grande échelle les industries culturelles. Dans le domaine juridique, la blockchain permet non seulement de prouver l’origine et la propriété d’une oeuvre, mais elle représente également un outil d’automatisation des démarches.

La preuve par la blockchain représente un argument recevable devant un tribunal. Elle représente donc un formidable outil pour sécuriser les oeuvres et prouver le droit d’auteur. En terme de lutte contre le plagiat par exemple, la technologie blockchain simplifierait les opérations de contrôle. Adoptée par les sociétés de gestion de droits, elle permettrait par ailleurs d’automatiser un certain nombre d’opérations, notamment par le biais de smart-contracts. L’automatisation des démarches pourrait, à terme, supprimer l’action humaine, du moins dans la gestion et l’exécution des contrats. En ce sens, la technologie blockchain permettrait la simplification des démarches juridiques, la décentralisation et la désintermédiation au sein des industries culturelles.

La tendance générale quant à l’adoption de la blockchain tend vers son intégration progressive dans les pratiques des sociétés de gestion, mais aussi dans celles des artistes eux-mêmes. En effet, pour ces derniers, la blockchain représente un outil d’émancipation face aux sociétés de gestion, car il suffit d’inscrire une oeuvre dans une blockchain pour justifier de sa propriété. Il n’est pourtant pas encore question de basculer toutes les opérations liées au droit d’auteur sur la technologie blockchain. Les limites à son application sont encore nombreuses, et les organismes de gestion les plus puissants ne trouveraient que peu d’intérêt à son déploiement systématique. La blockchain génère donc encore réticence et interrogations dans le domaine juridique, et ce malgré les possibilités qu’elle peut offrir.

Au-delà d’un secteur en particulier, la blockchain n’est pas simplement un réseau social qui pourrait avoir un grand succès, mais également un phénomène qui pourrait bouleverser toute l’économie actuelle. Cependant, l’inconnu rend les investisseurs méfiants et prudents. En effet, lors de nos entretiens avec les professionnels qui utilisent la blockchain, plusieurs d’entre eux ont insisté sur la peur d’investir face à une technologie qui n’est pas comprise à 100 % par l’intégralité de la population.

Il s’agit encore d’une technologie méconnue du grand public. Pour qu’elle puisse s’instaurer sur le long terme, il faut avant tout sensibiliser et former une grande quantité d’acteurs à son sujet. Son fonctionnement et ses occurrences restent obscures pour une majorité de personnes, et cela même chez les acteurs du numérique comme vu dans le sondage effectué dans la partie diffusion et consommation. Le bitcoin est aujourd’hui le seul terme qui reste dans les esprits. La promotion de la crypto-monnaie et de la blockchain est une obligation à mettre en place pour pérenniser l’usage de cette technologie. D’après Frédéric Dalibard, l’apparition de la crypto monnaie a été source d’inquiétude. Qu’il s’agisse de la promotion de cette monnaie ou de sa diffusion, sa mise en place n’est pas simple. En effet, la blockchain doit trouver des solutions pour rendre la diffusion de ses contenues plus accessibles aux utilisateurs. Sans cette mise en place, la notion de confiance ne sera pas appliqué et compromettra le potentiel de cette blockchain. Il est très important pour les utilisateurs de la blockchain de saisir l’importance de la promotion et de la communication autour de la diffusion et consommation pour permettre ainsi de sensibiliser davantage de personnes. En appliquant cela, la blockchain pourra sans doute créer un nouveau type d’économie collaborative.

La blockchain s’illustre notamment par sa particularité d’être inviolable. Toutefois, nous avons démontré qu’elle pouvait comprendre quelques failles. Au total, ce sont plus de 2 milliards de dollars de crypto-monnaie qui ont été dérobés sur des plateformes utilisant la blockchain depuis début 2017. Ce chiffre prouve que la blockchain n’est pas un système infaillible malgré une sécurité accrue. D’après Victor Fang, il y’a possibilité que de très nombreux contrats intelligents par le biais de la plateforme Ethereum (spécialiste dans la blockchain) soient sensibles et vulnérables. Malgré tout, la blockchain reste néanmoins une technologie assez sécurisée pour plusieurs raisons. En effet, D’après Patrick Eyman, les codes (sHa) permettent de prouver l’authenticité et l’origine d’une oeuvre. La technique permettant de pirater une blockchain n’est pas à la portée de tous. Son système de sécurité est assez impressionnant mais pas infaillible. Il est toutefois possible de déterminer des failles, même dans les smarts contracts.

Pour aller plus loin, les individus ne sont pas à l’aise face à la cryptomonnaie et les smart contracts. Pourtant, ces deux points représentent les piliers de la blockchain. La transparence des transactions rend les personnes très perplexes, puisqu’elles sont habituées au système bancaire classique. D’une part, certains craignent les usages frauduleux et ne croient pas en une sécurité complète de ce type de monnaie, les individus peuvent présenter une forme de réticence face à un système sans intermédiaires. D’autre part, il reste à savoir comment sera accueillie la blockchain dans le milieu juridique et notamment par les juges.

Le futur pourra rendre les choses plus claires, lorsque la blockchain sera comprise comme l’est Internet de nos jours. Cette technologie pourrait offrir beaucoup d’avantages dans plusieurs domaines. Dans le secteur culturel, le point majeur est celui de la sécurisation des oeuvres, mais également la possibilité de retrait lorsque l’artiste le souhaite. Les limites de la blockchain dans l’industrie musicale ne sont pas à négliger et, si un tel changement du fonctionnement de l’industrie était à prévoir, des solutions devraient être trouvées. Malgré certaines restrictions, l’avenir de la blockchain dans l’industrie culturelle semble prometteur dans la mesure où elle peut offrir sécurité et liberté aux artistes.